Isabelle Greffard, du réalisme à l’émotion : le chemin d’une artiste au pastel sec
Portrait d’artiste — De l’apprentissage à la liberté
Il y a des chemins artistiques qui commencent très tôt, et d’autres qui attendent patiemment que la vie leur fasse une place.
Celui d’Isabelle Greffard est fait de curiosité, de persévérance et d’un amour profond pour le monde vivant. Après avoir consacré sa vie professionnelle à la santé, cette passionnée de nature et d’animaux a renoué avec les arts plastiques en 2023. Elle a découvert le pastel sec, une technique qui allait peu à peu prendre une place essentielle dans son quotidien.
J’ai eu le plaisir d’accompagner Isabelle pendant plusieurs mois dans la découverte et l’apprentissage du pastel sec. Au fil de nos cours, j’ai pu voir son regard s’affiner, sa technique évoluer et sa confiance grandir. Aujourd’hui, Isabelle poursuit son chemin artistique en toute autonomie, avec une envie grandissante : laisser davantage de place à son geste, à sa sensibilité et à l’émotion . Elle explore ses propres envies et cherche peu à peu à donner à ses œuvres une expression qui lui ressemble.
Depuis, Isabelle apprend, expérimente, progresse. Mais surtout, elle cherche. Non plus seulement à reproduire fidèlement ce qu’elle observe, mais à transmettre ce qu’elle ressent.
Mais au-delà des progrès techniques, c’est une autre aventure qui se dessine : celle d’une artiste qui apprend à faire confiance à son regard, à oser ses propres choix et à laisser parler sa sensibilité.
Je vous invite à découvrir son histoire, son univers et le joli chemin qui l’a conduite des premiers essais à une nouvelle liberté artistique.
Une vie tournée vers la nature et les animaux
Originaire de La Tuque, une petite ville du Québec entourée de forêts, Isabelle a toujours entretenu un lien étroit avec la nature.
Nutritionniste de formation, elle a consacré sa vie professionnelle au domaine de la santé. Mais les animaux ont également occupé une place toute particulière dans son existence, notamment les chiens.
Pendant plusieurs années, elle a pratiqué le traîneau à chiens avec ses propres compagnons, qui étaient avant tout des chiens de famille. Lors de séjours professionnels dans des communautés autochtones, elle a aussi consacré beaucoup de temps aux chiens errants qu’elle croisait.
Elle partait marcher en forêt dès six heures du matin avec les siens. Parfois, une petite meute venait spontanément les accompagner.
Photographier ces rencontres, recueillir des portées de chiots, aider des chiens adultes à trouver un refuge ou une famille : au fil des années, Isabelle estime avoir contribué à offrir une nouvelle vie à une cinquantaine, voire une soixantaine de chiens.
Cette proximité avec les animaux nourrit aujourd’hui encore son regard d’artiste. Elle ne s’intéresse pas seulement à leur apparence, mais aussi à leur attitude, à leur expression et à cette présence singulière qui fait que chacun semble avoir quelque chose à nous dire.
La photographie a également été une grande passion. Même si elle y consacre aujourd’hui moins de temps, elle reste une source d’inspiration importante dans son travail artistique.
Le retour à la création et le coup de cœur pour le pastel sec
Isabelle a toujours aimé créer. À l’école, elle excellait en sciences, mais prenait aussi beaucoup de plaisir aux cours d’arts plastiques.
Puis les études, le travail et les responsabilités de la vie ont progressivement éloigné le dessin de son quotidien.
Sa créativité ne l’a pourtant jamais quittée. Elle s’est exprimée autrement, à travers les fleurs, l’aménagement paysager et surtout le scrapbooking, auquel elle s’est consacrée avec passion pendant plusieurs années.
Chaque mois, elle proposait des pages à Scrapbook Extra, une revue québécoise spécialisée aujourd’hui disparue. Presque tous les mois, l’une de ses créations était sélectionnée pour publication.
Cette expérience lui a permis d’affiner son sens de la composition, de jouer avec les couleurs et d’apprendre à organiser les éléments d’une image. Des compétences qui, sans qu’elle le sache encore, lui seraient bien utiles quelques années plus tard.
En 2023, alors qu’elle voyageait moins pendant ses vacances, Isabelle a ressenti le besoin de renouer avec les arts plastiques. Elle a commandé différents matériels, essayé plusieurs techniques et effectué ses premières recherches sur Internet.
C’est ainsi qu’elle a découvert le pastel sec.
Le coup de cœur a été presque immédiat.
« Ce qui m’a séduite, c’est la subtilité des mélanges de couleurs, cette douceur, ce velouté, presque cette volupté que l’on peut obtenir avec les pigments. »
Elle a aussi découvert le plaisir du contact direct avec la matière, celui de travailler avec les doigts et de voir les couleurs se mêler sur le papier.
Une nouvelle aventure venait de commencer.
Apprendre, recommencer, persévérer
Les débuts n’ont pas toujours été simples.
Comme beaucoup de personnes qui découvrent une technique artistique, Isabelle voulait obtenir un résultat fidèle à son modèle photographique. Mais entre ce qu’elle imaginait et ce qu’elle parvenait à réaliser, il y avait encore tout un apprentissage.
Elle se souvient notamment de ses premiers paysages, sur lesquels elle pouvait passer une quinzaine d’heures malgré des sujets relativement simples : un ciel, une montagne, un peu d’eau.
Le résultat l’encourageait, mais le chemin pour y parvenir demandait une énergie considérable.
Ce qui l’a aidée à poursuivre ? Ses premiers progrès, mais aussi une qualité qui la caractérise profondément : la persévérance.
Lorsqu’elle s’investit dans un projet, Isabelle ne renonce pas facilement. Elle préfère chercher, essayer encore et comprendre ce qui lui échappe plutôt que de s’arrêter au premier obstacle.
Avec le recul, elle en est convaincue : si elle avait abandonné après quelques heures en pensant ne pas être capable, elle ne pratiquerait probablement plus le pastel aujourd’hui.
Cette détermination lui a permis de construire progressivement ses bases techniques, de développer son regard et d'acquérir une assurance nouvelle.
Du premier portrait animalier à une nouvelle liberté
Après plusieurs mois consacrés principalement aux paysages, Isabelle a enfin abordé le sujet qui l'attirait depuis le début : les animaux.
Ce premier portrait de chien noir a été réalisé à partir d’un tutoriel que j’avais proposé. À cette époque, sa priorité était de reproduire le plus fidèlement possible le modèle.
Aujourd’hui, elle regarde cette œuvre avec tendresse, mais aussi avec le recul de celle qui mesure tout le chemin parcouru depuis.
Car apprendre une technique, ce n’est pas seulement accumuler des connaissances. C’est aussi transformer progressivement sa manière de regarder, de comprendre et d’interpréter ce que l’on dessine.
Quand le geste devient plus libre
L’une des évolutions les plus marquantes dans le travail d’Isabelle est la souplesse qu’elle a acquise.
À ses débuts, elle cherchait à reproduire chaque détail de la photographie de référence. Elle avait besoin de tout contrôler, probablement parce que la technique ne lui permettait pas encore de travailler autrement.
Aujourd’hui, ses premières couches sont plus spontanées. Elle pose les couleurs et les valeurs avec des gestes plus larges, ose des teintes inattendues et accepte de ne pas tout représenter.
Si elle aperçoit du vert dans les ombres d’un chien, pourquoi ne pas l’utiliser ?
Cette question résume bien l’évolution de son regard : elle commence à s’autoriser davantage de liberté, sans renoncer à la ressemblance qui lui tient à cœur.
Elle découvre qu’un animal peut être reconnaissable sans que chaque poil soit dessiné, qu’un contour peut disparaître sans que le sujet perde sa présence et qu’une touche imprévue peut parfois apporter plus de vie qu’un détail soigneusement travaillé.
Le lâcher-prise reste néanmoins un apprentissage.
Isabelle le reconnaît volontiers : elle est exigeante, persévérante et travailleuse. Le pastel n’a fait que confirmer ces traits de caractère ! Mais il lui apprend aussi à accepter qu’une œuvre ne soit pas parfaitement maîtrisée, et qu’une petite imperfection puisse contribuer à sa beauté.
Une découverte précieuse, qui dépasse largement le cadre du dessin.
Des animaux qui semblent nous regarder
Aujourd’hui, les animaux occupent une place centrale dans l’univers artistique d’Isabelle.
Ce qui l’attire particulièrement, ce sont leurs regards, leurs attitudes et les émotions qu’ils dégagent. Elle souhaite que l’on reconnaisse leur personnalité, tout en laissant une place à sa propre interprétation.
Son travail se situe ainsi quelque part entre le réalisme et une expression plus sensible du sujet.
Elle le formule très justement :
« Je veux qu’on reconnaisse l’animal, mais aussi qu’on sente la peinture. »
Cette phrase pourrait presque résumer sa recherche artistique actuelle.
Il ne s’agit plus seulement de montrer ce que l’on voit, mais de faire ressentir quelque chose à celui qui regarde.
La nature reste sa principale source d’inspiration. Elle utilise parfois ses propres photographies, celles que lui proposent des amis ou des images de photographes animaliers dont elle acquiert les droits d’utilisation.
Mais son choix ne repose pas nécessairement sur la perfection d’une photographie.
Ce qui compte avant tout, c’est ce qu’elle lui fait ressentir.
Avec Imperturbable, Isabelle a souhaité préserver la douceur et le calme du regard de l’animal. Certaines parties du corps se fondent dans le fond, laissant la suggestion prendre le relais de la description.
L’émotion naît alors autant de ce qui est représenté que de ce qui est laissé dans l’ombre.
Dans ce grand portrait d’ours noir, le regard occupe également une place essentielle. Le fond reste discret, certaines parties du pelage se perdent dans l’atmosphère, et l’ensemble invite à une rencontre silencieuse entre l’animal et la personne qui contemple l’œuvre.
Avec Bientôt, Isabelle explore une autre forme de sensibilité. Le chien regarde vers l’extérieur, comme s’il attendait quelque chose ou quelqu’un. La lumière, la fenêtre et son attitude suggèrent une histoire sans jamais la raconter complètement.
Chacun peut alors imaginer la suite.
C’est aussi cela, la force d’une œuvre : laisser une place à l’imaginaire de celui qui la découvre.
Oser expérimenter pour trouver sa propre voix
Si les animaux demeurent son sujet de prédilection, Isabelle n’a pas envie de s’enfermer dans un seul univers.
Les paysages et les fleurs l’attirent également, et elle aimerait un jour explorer le portrait humain.
Elle observe beaucoup le travail d’autres artistes. Même lorsqu’une œuvre ne correspond pas entièrement à ses goûts, elle peut y découvrir une harmonie de couleurs, un traitement d’arrière-plan ou un geste qu’elle aura envie d’expérimenter.
Plusieurs personnes lui ont récemment dit que ses œuvres leur rappelaient celles de Rosa Bonheur. Cette comparaison l’a amenée à regarder le travail de cette grande artiste animalière avec davantage d’attention.
Elle y a découvert une affinité dans la présence et la sensibilité des animaux, sans pour autant chercher à reproduire sa technique.
Avec cette œuvre, Isabelle s’est aventurée vers une palette plus vive qu’à son habitude. Le papier anthracite lui a permis de jouer avec les contrastes, tandis que l’eau et son reflet ont été travaillés avec des gestes plus libres, presque graphiques.
Cette recherche de liberté se retrouve aussi dans La Dolce Vita. Les touches restent visibles, certains contours se perdent et le fond est traité de manière plus spontanée.
Pour Isabelle, le corps du chien semble presque vibrer sous les marques du pastel.
Deux œuvres différentes, mais une même envie : sortir progressivement de ce qu’elle maîtrise déjà pour découvrir ce qu’elle est capable d’exprimer autrement.
Car expérimenter comporte nécessairement une part d’incertitude. Certains essais sont concluants, d’autres moins. Mais tous participent à la construction d’un langage artistique personnel.
Voler de ses propres ailes
Après plusieurs mois d’apprentissage, une question a fini par s’imposer à Isabelle : que souhaitait-elle vraiment exprimer à travers ses pastels ?
Elle savait désormais qu’elle pouvait représenter un animal avec précision. Mais cette précision, à elle seule, ne lui suffisait plus.
Elle voulait toucher la personne qui regarde son œuvre. Susciter une émotion, créer une présence, raconter quelque chose sans nécessairement tout expliquer.
C’est à partir de cette prise de conscience qu’elle a commencé à prendre davantage de décisions artistiques par elle-même.
Les cours lui ont permis d’acquérir des bases et de développer ses compétences. Mais le chemin qui s’ouvre devant elle lui appartient désormais : choisir ses sujets, explorer ses couleurs, modifier ses gestes et accepter les surprises que réserve parfois la matière.
Elle continue à travailler à temps plein et consacre une vingtaine d’heures par semaine au pastel sec. Une passion exigeante, qui demande du temps, de la curiosité et une vraie volonté d’apprendre.
Pour autant, elle sait que son parcours ne fait que commencer.
« Dans dix ans, peut-être que je pourrai dire que je virevolte véritablement dans mes pastels ! »
J’aime beaucoup cette image. Elle dit à la fois son ambition, son humilité et le plaisir qu’elle trouve dans cette progression permanente.
Son objectif n’est pas de maîtriser toujours davantage une technique pour elle-même. Elle souhaite surtout que cette technique devienne un outil au service de sa liberté artistique.
Et c’est peut-être là que se trouve l’une des plus belles étapes d’un apprentissage : lorsque l’on commence à faire confiance à ce que l’on voit, à ce que l’on ressent et à ce que l’on a envie de partager.
« On devient artiste en créant »
À celles et ceux qui rêvent de dessiner mais n’osent pas se lancer, Isabelle adresse un conseil simple et enthousiaste :
« Ose, ose, ose ! »
Elle rappelle que les premières tentatives sont rarement extraordinaires, et qu’il faut accepter d’apprendre, de pratiquer et de persévérer. Chaque réalisation, même décevante, apporte son lot de découvertes.
Elle invite également chacun à accepter que son travail ne plaise pas à tout le monde. Nos sensibilités sont différentes, nos regards aussi. L’essentiel est de rester fidèle à soi-même et à ce que l’on souhaite transmettre.
Ce message me semble particulièrement précieux, car il rappelle que l’apprentissage artistique ne consiste pas uniquement à acquérir des compétences. Il demande aussi du courage : celui d’essayer, de se tromper, de recommencer et, peu à peu, d'oser montrer ce qui nous ressemble.
Aujourd’hui, Isabelle continue d’apprendre, d’observer et de rêver à ses prochains projets. Son univers évolue, son geste s’affirme et sa recherche artistique se poursuit.
Et si je devais retenir une chose de son parcours, ce serait celle-ci : il n’est jamais trop tard pour renouer avec une passion, ni pour découvrir en soi des possibilités que l’on n’imaginait pas.
Isabelle, merci d’avoir partagé ton chemin avec moi et de m’avoir permis d’en raconter une partie ici. Je te souhaite de continuer à explorer, à expérimenter et à laisser tes pastels raconter toutes les belles histoires que tu portes en toi.
Car l’aventure artistique ne s’arrête pas lorsque l’on quitte les cours.
C’est parfois à ce moment-là qu’une nouvelle liberté commence.
Pour découvrir les créations d’Isabelle Greffard :
Retrouvez son travail sur sa page Facebook professionnelle :
Lien vers son profil instagram

Bienvenue sur mon blog !
Je m'appelle Corinne Maggiore et
je suis artiste peintre.
Je peins et dessine depuis toute petite .
Mes sujets préférés sont les animaux
mais étant curieuse et passionnée ,tous les sujets
m'intéressent !
Sur mon Blog ,je vous partage mes connaissances
et expériences afin de vous aider dans
votre parcours artistique.
Retrouvez mes cours de pastel sec
sur ma plateforme en ligne Patreon
Les cours sont sous forme de vidéo
ou vous pourrez avancer pas à pas
avec moi et créer en même temps
votre propre chef d'oeuvre
Les vidéos sont commentées par moi même
afin de vous expliquer chaque étape de réalisation.









